21.02.2006

Joël Lorand

art singulier Joël Lorand art outsider
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Personnage Animal-Végétal
73 x 41 cm - 2004
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Joel Lorand
Carton - Pailles -  Enduit /cales de bois - Patine cire
33 x 24 cm - 2002/2004

Joël Lorand est né en 1962 à Paris. C'est en 1994 qu'il commence à peindre en autodidacte. Il quitte Paris pour la province en 1997 afin de se consacrer exclusivement à la peinture.Bien que n'ayant jamais vu d'expositions, il décide d'ouvrir une fenêtre de son subconscient.
Nourri de ses fractures, de ses ruptures, il met au monde ses créatures cycliques, obsessionnelles ; témoignage du besoin de communication de ce gothique grouillant.

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Joël Lorand est l’auteur d’un conte terriblement noir fouissant des profondeurs que cet autodidacte, innocent jusqu’à la trentaine de l’action de peindre,  n’avait jamais auparavant soupçonnées en lui ! La vie ou son moi profond l’ont-ils donc tiraillé si fort que, soudainement, comme on livre un secret trop lourd à porter, il s’est lancé de façon obsessionnelle dans un art « né de la nécessité » ?

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Joel Lorand
Carton - Pailles -  Enduit /cales de bois - Patine cire
27 x 41 cm - 2002/2004


En tout cas, la mort y est omniprésente, sous forme de missiles éjectés au-dessus des têtes de « la foule » et de torpilles menaçantes posées au hasard des « routes »… observant d’un visage sardonique « Le Messie (qui) est revenu » … en lévitation, accompagnant comme un autre lui-même, la « Solitude du condamné à mort » … grimaçant de toutes ses dents à la place du réservoir d’essence au-dessus duquel est assis un individu inconscient du danger, etc.

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Le sexe est, lui aussi, apparu semble-t-il, de façon tout à fait involontaire dans l’œuvre de Joël Lorand. Mais bien là, pourtant, sous formes d’arbres-champignons turgescents, aux houppiers entourés de pilosités qui en accentuent l’érotisme ; sagement alignés à l’horizon de chaque toile parce que cet artiste, comme beaucoup de Singuliers, ne connaît pas la perspective.

Et les protagonistes y sont tous en « voyages » immobiles, mais un immobilisme qui n’est pas innocent : Que font, en effet, ces personnages, sur leurs vélos de guingois ou leurs chevaux bariolés lourdement caparaçonnés de bandelettes nerveusement griffées ; postés à l’avant-plan sur la route serpentine qui commence à un visage humain, sinue en pointillés ou en taches incertaines, bifurque à la verticale le long du flanc gauche de la toile ; et se termine à un autre visage, animal celui-là, sorte de spermatozoïde géant hérissé de vibrilles ? N’affrontent-ils pas l’intrus situé en off qui, de « regardeur » devient le regardé ; lui faisant face en arborant tantôt un sourire ironique, tantôt un visage assombri sous leurs chapeaux hauts-de-forme ? Et leurs bras écartés à l’horizontale ne barrent-ils pas le chemin, lui refusant subséquemment le droit d’entrer dans leur monde ?
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Des mots, présents dans la peinture pourraient en donner une clef ; manuscrits, qui plus est, pour souligner l’intensité, l’intimité et la complicité que le peintre, lui, entretient avec ses créatures ; rompant, ou au contraire prolongeant les rythmes picturaux ; corroborant ce que « racontent » les « histoires » mises en scène ; confirmant qu’il n’est pas au mieux avec la civilisation contemporaine et avec l’officialité. Malgré tout, subsiste parfois un brin d’humour, comme ce titre à double sens, Votre fils peut en faire autant, où il est pour le lecteur, impossible de deviner s’il s’agit de la prouesse gymnique du personnage ou de cette phrase qui revient trop souvent dans l’appréciation de la peinture par le public, lorsqu’elle n’est ni académique, ni froide et raisonnée ?


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Maternité
81 x 65 cm - 1999

Toutes ces implications sociales et psychologiques se déroulent sur fonds de murs lépreux réalisés à lourdes traînées de couleurs « sales » (sans que ce mot ait rien de péjoratif) du pinceau chargé de matière ; couverts de hachures, multiples scarifications, infimes pictogrammes, fleurs grises faisant « au bas » du tableau le contrepoint des arbres… Poésie de l’étrange et du mal-être qui, tel un tourbillon entraîne l’artiste très loin du quotidien…dans un sombre univers. Jusqu'à ce que, à bout de délire, il se reprenne, et rétablisse une sorte d’équilibre en ajoutant des flèches, des formes géométriques piquetées de croix, des spirales, etc… Comme si ces ajouts plus « calmes » étaient sa résistance à ses fantasmes ; un moyen de conjurer l’angoisse dont témoigne son œuvre encore en gestation certes, mais déjà puissante comme ces plantes vénéneuses dont le lourd parfum engendre le vertige de quiconque les respire…

Partant d'une forme spontanée souvent inspirée de dessins d'enfants, il travaille ensuite en épaisseur au pastel. Sous des traits naïfs, dans la matière écorchée, émergent des personnages et des animaux aux trognes expressives. Ses dessins comportent souvent des titres ironiques ou poétiques qui s'inscrivent au recto de l'œuvre. Car à travers sa création, cet artiste règle ses comptes à la société et à ses règles de vie trop étriquées.

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Elue produit de l'année
75 x 72 cm - 2001

Joël Lorand vit actuellement à Saint-Pierre des Nids, en Mayenne et ses dessins ont fait l'objet de nombreuses expositions dans des lieux tels que : la Galerie Sibman et la Galerie Béatrice Soulié à Paris, la Galerie Art et Crafts à Avignon, la Galerie l'Atelier dans la ville du Mans.
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La fleur aux dents
35 x 44 cm - 1998

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D'autres oeuvres sont visibles sur ces liens :

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Poésie et fantasmes dans l'œuvre de Joël Lorand par jeanine Rivais :
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